Ce film n’est effectivement pas une nouveauté. Je l’avais vu au cinéma en 2009 lors de sa sortie, puis via une source moins légale il y a quelques années, pour enfin acheter le blu-ray tout récemment. Réalisé par Sam Raimi, artisan old school de l’horreur rigolo (Evil Dead) mais aussi réalisateur expérimenté et auteur de blockbusters réussis (Spiderman), c’était une sorte de retour à un cinéma plus indépendant, et probablement à un film plus personnel.

Le plot est classique : une femme à qui tout sourit enfin après une jeunesse difficile de campagnarde rondouillarde se fache avec une vieille gitane qui finit par lui jeter un sort, sous forme de malédiction. Dans trois jours, un démon (le Lamia) viendra la chercher pour l’emmener en enfer. Mais ces trois jours ne seront pas de tout repos, parce que le Lamia a pour habitude de harceler ses victimes

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La Ganush n’est pas commode

Elle fera évidemment son possible pour se débarrasser de cette malédiction, mais y parviendra-t-elle ?

Ce qui est génial et jouissif dans ce film, c’est d’une part le rythme, incroyablement soutenu ; l’épouvante qu’il provoque : il s’agit vraiment d’un film qui fait peur ; l’authenticité et l’utilisation assez large de marionnettes, une signature Greg Nicotero qu’on ne présente plus. Les acteurs ne sont pas vraiment remarquables, Alison Lohman qui tient le rôle principal a beau être mignonne comme tout et dégager un charme naïf indéniable, elle convainct peu. Son compagnon, Justin Long, a une expérience ciné un peu plus conséquente (Dodgeball par exemple) sans que cela en fasse un homme au charisme éblouissant. Lorna Raver, qui joue la vieille Mme Ganush, est quant à elle incroyablement dans le ton, avec un rôle pourtant pas facile.

Plutôt mal noté, ce film n’en est pas moins une réussite. Je n’avais pas vu de film vraiment flippant depuis un bon moment. A 15€ le blu-ray environ, ce serait bête de vous priver !

posterdragmetohellAprès trois épisodes de Spiderman pas mauvais mais ne jouant pas dans le style qui m’a fait m’intéresser à Sam Raimi (Evil Dead, Darkman – oui je suis un grand malade), il était temps que le grand ami de Bruce Campbell (absent quant à lui du film, car trop occupé avec son émission télé lors du tournage) revienne avec un trip plus surnaturel et horrifique. Surprise, pas de gore ici… mais de la peur !

Donnant à son histoire de malédiction (somme toute convenue) une dimension d’épouvante comme on n’en a pas vu depuis pas mal d’années, Sam Raimi va vous coller au siège du cinéma avec quelques effets faciles mais bien menés et une oppression permanente (ou presque) appuyée par une orchestration musicale de Christopher Young (qui a bossé sur Spiderman aussi) qui n’a pas peur d’exploiter au mieux le THX des cinémas, quasiment jusqu’au point de rupture lors d’une scène d’une intensité si rare qu’on se demande quand ça va s’arrêter.

Rien de révolutionnaire a priori donc, et c’est justement ce qui est fort… parce qu’à part quelques effets numériques plus ou moins heureux (on aime ou pas le numérique, c’est quasi générationnel j’imagine) le film tire sur des ficelles old school en retournant le spectateur dans les tous les sens jusqu’à lui en mettre plein la gueule, et ce dès la scène d’ouverture (la pression mise d’entrée de jeu ne descend presque jamais, sauf peut-être sur le dernier tiers du film un peu décevant). La thématique de la malédiction est déjà exploitée dans les Evil Dead on pourrait d’ailleurs s’amuser à repérer les analogies :

– une vieille coriace qui offre une scène de baston digne d’une scène finale qui compte sa part de grotesque (rappelez vous la vieille de la cave, ou celle du puits).

– une héroïne qui vit plutôt mal sa malédiction et se jette systématiquement contre toutes les étagères de la maison (comme l’anti-héros Ash, spécialiste devant l’Eternel de cette spécialité).

– les deux amoureux souhaitent aller en vacances dans une cabane qui telle qu’elle est décrite fait référence à celle où Ash vit ses (mes)aventures dans les deux premiers Evil Dead (merci Imdb pour celle là).

Sam Raimi célèbre son retour au film d’horreur, le pari est réussi parce qu’on est loin, très loin d’un teen horror movie qui fait sursauter pour rien, “Drag me to Hell” va vous faire peur mais sans vous prendre par la main et vous expliquer pourquoi avoir peur. L’esprit frappeur qui harcèle l’héroïne est brutal, sans pitié et il ne lâche pas sa proie facilement…

Vous DEVEZ voir “Drag me to Hell“. Mais vous devez accepter d’avoir peur. En récompense vous aurez droit à de l’humour (un peu), du grotesque calculé (pas mal), et des acouphènes (THX en force – j’exagère). Ca fait longtemps qu’un film ne m’avait pas fait peur, et j’avoue que j’étais content qu’il ne dure que 80 minutes.

En regardant vite fait les sorties annoncées sur le premier semestre 2009, j’ai vu quelques trucs sympas et certains même immanquables et d’autres…

Pour commencer par le sympa, dès ce mois-ci, on va noter une nouvelle sortie en salle de « Duel » l’excellent film de Steven Spielberg initialement sorti en 1971. L’histoire de ce chauffeur poids lourd fou qui prend en chasse un pauvre automobiliste sur des routes désertes américaines saura vous prendre aux trippes si vous entrez dans le jeu, une projection ciné peut valoir le déplacement… Pour contrebalancer un peu, soulignons que ce mois-ci également sort dans les salles « Underworld 3 : Rise of the Lycans », qui s’il est du même acabit que les précédents épisodes, méritera bien qu’on aille boire une bière, ou voir un autre film.

En mars, on pourra prendre notre dose de Zack Snyder avec « Watchmen », une histoire de super héros qui vient d’une BD et surtout une adaptation ciné qui se fait attendre, on a parlé à une époque de Terry Gilliam… Ce sera finalement le réalisateur de « 300 » et du beaucoup plus remarquable « Dawn of the Dead » sorti en 2004 qui s’y colle, je croise les doigts mais on en reparlera très sûrement.

En avril, Kevin Smith refait parler de lui avec « Zack et Miri Make a Porno ». Le réalisateur adulé des geeks à qui on doit les deux « Clerks » et le formidable « Dogma » revient donc avec l’histoire d’un couple d’amis qui a besoin de sous, et qui décide donc de se lancer dans le merveilleux monde de la pornographie amateur. On a évoqué Rosario Dawson dans le rôle phare, ce sera finalement Elizabeth Banks.

Un film dont je n’avais pas encore entendu parler mais que je vais suivre de près, en mai sort « Drag me to Hell » de Sam Raimi. Le réalisateur des « Spiderman » mais aussi et surtout des « Evil Dead » (je sais que ça commence à dater, mais quand on aime… d’ailleurs il prépare ce qui semble être un remake pour cette année…), une sombre histoire de malédiction, ça sera l’occasion d’un article dédié je pense, le moment venu.

Et en juin, un renouveau dans une licence qu’on a vu en perte de vitesse à l’occasion du troisième volet : « Terminator Salvation ». Nouveau réalisateur (inconnu au bataillon pour ma part), un acteur incontournable, Christian Bale dans le rôle de John Connor, et surtout , l’absence totale de M. Univers 1970 Arnold Schwarzenegger. Je suis enthousiaste, et j’attends le 3 juin de pied ferme.

Voilà un programme léger, la liste n’a absolument rien d’exhaustif, j’invite d’ailleurs qui le souhaite à ajouter son programme prévisionnel, plus on est de fous, plus on rit !