Ce film n’est effectivement pas une nouveauté. Je l’avais vu au cinéma en 2009 lors de sa sortie, puis via une source moins légale il y a quelques années, pour enfin acheter le blu-ray tout récemment. Réalisé par Sam Raimi, artisan old school de l’horreur rigolo (Evil Dead) mais aussi réalisateur expérimenté et auteur de blockbusters réussis (Spiderman), c’était une sorte de retour à un cinéma plus indépendant, et probablement à un film plus personnel.

Le plot est classique : une femme à qui tout sourit enfin après une jeunesse difficile de campagnarde rondouillarde se fache avec une vieille gitane qui finit par lui jeter un sort, sous forme de malédiction. Dans trois jours, un démon (le Lamia) viendra la chercher pour l’emmener en enfer. Mais ces trois jours ne seront pas de tout repos, parce que le Lamia a pour habitude de harceler ses victimes

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La Ganush n’est pas commode

Elle fera évidemment son possible pour se débarrasser de cette malédiction, mais y parviendra-t-elle ?

Ce qui est génial et jouissif dans ce film, c’est d’une part le rythme, incroyablement soutenu ; l’épouvante qu’il provoque : il s’agit vraiment d’un film qui fait peur ; l’authenticité et l’utilisation assez large de marionnettes, une signature Greg Nicotero qu’on ne présente plus. Les acteurs ne sont pas vraiment remarquables, Alison Lohman qui tient le rôle principal a beau être mignonne comme tout et dégager un charme naïf indéniable, elle convainct peu. Son compagnon, Justin Long, a une expérience ciné un peu plus conséquente (Dodgeball par exemple) sans que cela en fasse un homme au charisme éblouissant. Lorna Raver, qui joue la vieille Mme Ganush, est quant à elle incroyablement dans le ton, avec un rôle pourtant pas facile.

Plutôt mal noté, ce film n’en est pas moins une réussite. Je n’avais pas vu de film vraiment flippant depuis un bon moment. A 15€ le blu-ray environ, ce serait bête de vous priver !

n84888909929_779C’est avec beaucoup de regret que j’ai appris il y a quelques jours, à l’occasion d’un message sur leur compte Facebook, la fermeture définitive de l’éditeur de films de genre Neo Publishing. Fondé en 2002, ce petit éditeur se faisait un devoir de sortir en DVD des oeuvres qui n’ont pas la faveur des grandes maisons d’édition, permettant à un cinéma délaissé de trouver sa place dans les collections des amateurs. C’est ainsi qu’on a pu enfin trouver certains films de Dan O’Bannon comme “Le retour des morts-vivants”, le premier Romero “La nuit des morts-vivants” et nombre de gialli italiens, ou de westerns spaghetti…

Le communiqué :
Non, ce n’est pas un poisson d’Avril malheureusement. Neo Publishing ferme.
On pourrait épiloguer des heures sur les raisons. Un marché DVD en berne, une VOD encore hésitante, des ayant-droits trop gourmands, des systèmes d’aides désespérément fermés au cinéma de genre…Nombreuses sont les raisons qui rendent la survie d’un indépendant spécialisé dans le « bis » compliqué.

Mais nous n’avons aucune envie de ressasser cela ni de céder au pessimisme. Nous préférons nous concentrer sur tout ce que ces années ont eu de magique : plus de 160 films publiés, des collections improbables, des éditions collector de fous que même les italiens nous envient…et surtout, surtout le soutien d’une communautés de fans dont les messages et les emails nous porté tout au long de ces années.
Franchement, en 2004 lorsque nous avons publié notre premier DVD d’horreur Le retour des morts-vivants, du regretté Dan O’Bannon, nous ne pensions pas que notre route serait aussi riche.

On leur souhaite bonne route, et on leur dit MERCI ! Certains DVD n’auraient jamais pu arriver dans ma DVD-thèque sans eux, ces grands classiques de l’horreur, ou du gore, ou du cinéma italien, qu’il fait bon voir et revoir, et qui feront partie de la culture cinématographique de nos enfants grâce à cet éditeur passionné.

« Halloween 2 », de Rob Zombie, qui fait suite au très bon “Halloween” reprenant l’histoire de la célèbre saga, ne sortira finalement qu’en direct to DVD… Encore une preuve de l’incroyable diversité culturelle dont savent faire preuve les distributeurs ciné en France ! Il ne reste plus qu’à l’acheter.

vente-dvdAu boulot il y a quelques jours, un gars me disait qu’il craignait d’avoir perdu l’intégralité de sa collec’ de DivX stockés sur un disque dur externe. Ca l’emmerdait vachement, parce qu’il avait rippé tous ses DVD pour les mettre dans ce format de compression bien connu des internautes, et il avait revendu les DVD originaux devenus inutiles. En y repensant alors que ma pizza prenait un bain de chaleur dans mon four, j’ai réalisé l’hérésie que ça pouvait être que de claquer sa collec’ de disques vidéos dans un simple disque dur (peut-être même pas beau) dans un soucis de praticité (d’ailleurs discutable).

Mais on va où là ? Est-ce que vous échangeriez votre baril de lessive Omo contre deux barils de lessive X ? Sûrement pas. 

Donc pourquoi échanger un DVD qu’il est bien, beau, complet, avec un son et une image irréprochables, et peut-être même des bonus (oui, des “boni”, mais je dis ce que je veux ici), contre un fichier informatique au son moyen (tout au plus moyen +), une image probablement inférieure au DVD (j’en vois qui s’agitent en me parlant de codecs super bien, mais c’est pas le propos) et surtout : un risque de perte de données irrémédiable ?!

Je vais vous le dire : j’en sais foutre rien.

Je suis un fétichiste de l’objet, et comme là encore j’en vois s’agiter, je précise ma pensée : j’aime posséder le DVD d’un film qui me botte, parce que ça va de pair avec le plaisir du visionnage. J’ai la même réflexion avec le MP3, qui n’égalera jamais dans mon coeur un bon vieux CD (si j’avais 10 ans de plus, ça serait sûrement les vinyles). Le DivX ça pue, ça plante, ça pose problème et il faut tout un attirail de codecs pour en venir à bout… le DVD on le met dans le lecteur, on fait “Play”, et ça marche. Mon choix est fait. Ceci dit je ne suis pas totalement réticent à l’idée de regarder un film compressé et distribué plus ou moins (plus) sous le manteau, il est des films que je n’ai pas envie d’acheter, mais que la curiosité me pousse à regarder, parfois je vais jusqu’à régulariser mon DivX par l’achat du DVD original, pour l’ajouter à ma collec’. Mon plaidoyer aujourd’hui c’est qu’il ne faut pas perdre le sens de l’objet. Une oeuvre ne peut pas être virtuelle, ou pas totalement. A force de ne plus associer d’objets aux oeuvres, on les rendra insignifiantes, simples mouchoirs en papiers artistiques, sans valeur si ce n’est un certain nombre de mégaoctets. Et moi j’dis, ce serait dommage. A chaque Divx que vous téléchargez, c’est une féé qui meurre… ou un marin qui se perd en mer… suivant vos traditions régionales.

Et à ce cher monsieur qui a perdu tous ses films, au delà d’une empathie feinte qui est une part importante de mon métier, j’ai une chose à lui dire (mais il n’est pas obligé de l’entendre) : TANT PIS !

C’est pas tout ça, j’ai une vie, je retourne jouer à la Wii… 

The Ruins

Carter Smith, ou comment passer de la photo fashion à la réalisation d’un film gore à tendance survival ? Parlons en tiens, un survival où les héros ne courent jamais et ne se font pour ainsi dire jamais poursuivre, ça c’est original… est-ce vraiment un survival du coup ? Film gore écolo qui prône le “touchez pas à ma plante”, The Ruins (traduit avec habilité et justesse – pour une fois – en Français par “Les Ruines“) a fait un passage éclair au cinéma en juin dernier, mais c’est avec sa sortie DVD que vous aurez plus de chance de pouvoir y jeter un oeil, et même les deux pour le coup puisque ça vaut le détour.

Plot : un groupe de jeunes en vacances au Mexique rencontrent un gars qui les invite à retrouver son frère archéologue sur un site Maya fraichement découvert. Une fois sur place ils vont se rendre compte que cet endroit est comme contaminé, une plante carnivore se faufile partout et se nourrit des imprudents alors qu’un groupe d’autochtone fait son possible pour empêcher les visiteurs de s’échapper, ce qui permettrait à ladite plante de contaminer le reste du monde (voyons grand).

L’idée en elle-même n’est pas conne et le traitement de l’histoire va dans des recoins gore décomplexés comme on aimerait en voir plus souvent, n’hésitant pas à mettre mal à l’aise à coup d’auto-mutilation et autres effets de couteau pour le moins tranchants. La photo est particulièrement soignée et sans tomber dans l’excés Carter Smith arrive à filmer les scènes sanglantes avec une approche réaliste, qui fait qu’à aucun moment tout ça va sembler ridicule. The Ruins a ce côté terrible de l’ennemi d’abord invisible puis invincible. Il ne s’agit pas d’un malade mental ou d’un revenant à qui il suffit de couper la tête, ici la seule solution pour s’en sortir, c’est de fuir !

Voilà un bon petit film qui s’affiche sans prétention aucune, qui ne cherche pas à être consensuel et qui surtout n’a aucun complexe par rapport au sujet et à la façon de le mettre en scène. Ce traitement radical ne sera pas du goût de tout le monde, on pourrait penser que certaines scènes sont jusqu’au-boutistes inutilement, mais il faut savoir ce qu’on veut : du gore, ou pas.

Carter Smith fait une entrée discrète au yeux du grand public dans le monde du long métrage, mais à coup sûr il va être surveillé du coin de l’oeil par les fans du cinéma de genre. The Ruins est donc disponible en DVD avec quelques bonus dont une fin alternative, dispo également en Blu-Ray.