Trois petits avis rapides, sous forme de montée en puissance, sur trois films vus récemment.

Tout d’abord “Cloverfield“, film fantastique de Matt Reeves dont tout le monde aura entendu parler. Il s’agit d’un “Godzilla” moderne filmé au camescope, qui (ne) met (pas) en scène un groupe de jeunes qui cherchent à se sortir d’une situation inattendue : un monstre attaque New-York. En dehors de cette façon de filmer assez novatrice (si on omet “Rec.” et “Diary of the Dead”), le film est… vide. Tout à fait dispensable si vous avez envie d’un film avec de vrais enjeux (ceux là sont assez convenus) et de vrais personnages.

Undead or Alive” est le premier film de Glasgow Philips (auteur de quelques épisodes de “South Park”, pour la petite histoire), avec des zombies et avec pour cadre le far west. Une malédiction s’abat sur les hommes blancs après la mort de Géronimo, les morts ne sont plus morts et ont envie de manger de la chair humaine. Une histoire bien entendu clichesque à souhait, mais le cadre et les acteurs donnent une nouvelle dimension à ce thème. Ajoutez à cela un humour débridé et des répliques à mourir de rire et vous avez un bon divertissement zombiesque bien loin du nanard puisqu’il assume son second degré sans complexe.

Enfin, “Frontière(s)“, film de Xavier Gens, qui ne passe pas à côté des références du film de genre, parfois sans trop de subtilité, mais qui arrive par quelques scènes d’une violence (et d’un sadisme) assez hallucinante à servir un film choc, dont le message est un peu diffus dans la forme du film mais qui ne laissera pas de répit aux âmes sensibles. Belle palette d’acteurs, quelques fautes qui donnent une touche improbable à certains personnages (en particulier le papa nazi, qui prend la peine de dire son texte en français et en allemand, ça devient vite lourd), mais au final un film cru, aux effets gore puissants, qui ne prête pas à sourire du tout mettant une pression remarquable sur le spectateur. A voir absolument !

 

cloverfieldS’il y a bien un film qui n’apporte rien, c’est Cloverfield, surtout après avoir subi le racolage intense (teasers tous azimuts sur Internet) qui a précédé sa sortie ciné!

Au début, tout va bien, même si on a du mal à s’identifier aux personnages: une bande de jeunes adultes newyorkais friqués préparant une fête d’adieu pour leur super ami qui part travailler au Japon pour ramasser encore plus de tune… Il y a aussi une vague intrigue sentimentale, un type est chargé de filmer la soirée pour emmagasiner des souvenirs, et puis tout bascule pendant la fête: d’abord un black-out dans Manhattan, suivi d’un joli mouvement de panique. Le monstre-hostile-inconnu-venu-d’ailleurs attaque la ville!!

J’en viens directement sur ce qui coince: le film, dans un souci de réalisme total, ne comporte pas de musique d’ambiance. Pourtant, alors que tout le monde se bouscule dans les escaliers pour s’enfuir, le préposé au camescope continue de tout filmer, se découvrant une âme de documentariste!!! Ca n’a aucun sens! A partir de là, il m’a été impossible d’adhérer au reste de l’histoire, qui de toute manière, approche le zéro absolu en matière de contenu. La psychologie des personnages est à peine abordée, et on a l’impression de regarder une espèce de brouillon de film dont la star unique est le monstre.

Donc voilà: un film sans scénario qui doit beaucoup parler au public américain encore obsédé par le 11 septembre, un monstre ayant une vague ressemblance avec Godzilla, des bestioles voraces toutes pompées sur Alien, des scènes d’actions mal foutues et des événements invraisemblables (le type insistant pour aller sauver sa nana coincée au 39ème étage d’un immeuble éboulé, et la fille qui se relève et arrive à marcher/courir malgré la barre de fer qui lui transperce le torse), bref, de la déception en boîte!