Quitter les réseaux sociaux… ?

Cela fait dix ans que je suis abonné sur Facebook, dix ans que je partage une partie de mon quotidien avec des amis, ou des contacts, voire des connaissances. J’ai toujours appliqué un filtre raisonnable avant de laisser quelqu’un entrer dans ce périmètre d’intimité et j’ai, je pense, gardé un voile de pudeur sur ma vie et mes préoccupations. Mais je suis sûr que la plateforme au pouce en l’air a une idée bien précise de ce que j’aime en films, humour, auteurs, artistes… et peut-être plus encore.

Facebook a beaucoup changé en dix ans, et moi aussi. Le fil d’actualité qui au départ présentait essentiellement les mises à jour des amis est devenu un panneau publicitaire. Il est finalement difficile de faire la part des choses entre une publication souhaitée et une autre suggérée. Mais le service est gratuit, il y a forcément un pendant. L’adage dit bien que sur Facebook, nous ne sommes pas les clients, mais le produit.

Je me rends bien compte que les utilisateurs sont de moins en moins dans l’interaction entre eux sur la plateforme, et que partager les publications devient l’activité principale, loin devant celle d’écrire ses états d’âme. Instagram prend le dessus en ce qui concerne la mise en ligne de photos et Whatsapp est la messagerie instantanée chouchou. Ironie du sort, ce sont des sociétés qui appartiennent à Facebook… Qu’importe (le flacon).

À force de perdre le contact, on se demande bien ce qu’il reste de social là-dedans. Et cette question je me la pose. Que serait ma vie si je décidais de quitter Facebook et si je me forçais à prendre des nouvelles de mes amis ? Si je n’attendais pas qu’ils postent leur histoire pour aller les voir et partager un authentique moment d’échange ? Je perdrais du monde en route forcément. J’ai des amis, des contacts, depuis dix ans, dont je me sens proche mais qui ne le sont pas vraiment. On ne se connait presque qu’au travers du prisme d’internet, et ce ne sont pas les quelques rencontres au fil des ans qui ont permis de créer une vraie relation d’amitié forte. Cela ne m’empêche pas de les aimer, d’une certaine façon, mais sans Facebook il est probable qu’on s’oublierait.

La question reste donc ouverte et amène une interrogation sur la notion même d’amitié. Où est le curseur entre connaissance et ami ?Quitter Facebook ou pas Est-ce pour un mieux vivre dehors ou pour un plus grand isolement intérieur. Et si je laissais derrière ce lieu d’expression où je m’adresse directement à un comité restreint de personnes qui me connaissent et que j’apprécie (et qui, soyons fous, m’apprécient aussi ?). Je ne me résigne pas à cette situation de « cul entre deux chaises ». Je vais continuer à réfléchir au retrait de Facebook de mes applications quotidiennes. Encore faut-il que je sache par quoi la remplacer… ou peut-être dois-je repenser son usage.