Alexandre Aja, la moyenne tout juste

Alexandre Aja a du mal à finir ses films. Tout part souvent d’une bonne idée, et à la moitié du métrage c’est le drame, tout part en vrille avec des solutions faciles et une intrigue qui se dégonfle comme une baudruche. Je n’ai pas vu tous ses films, mais si je me base sur “Mirrors”, “Horns” ou “Piranha 3D” (“La Colline a des Yeux” est pour moi le plus réussi), c’est mon ressenti.

J’ai regardé “Piranha 3D” une nouvelle fois hier, pour lui donner une sorte de seconde chance. Malgré quelques moments sanglants réussis (à défaut d’être originaux) on frôle quand même le “Sharknado” à de nombreuses reprises. Que dire de Jerry O’Connell dans un rôle et une prestation qui ne rend pas hommage à sa carrière (“Stand by me” de Rob Reiner, la série “Sliders”, “Jerry McGuire”). Il est ici affublé d’un personnage minable qu’il ne parvient même pas à rendre ni détestable ni intéressant. Je ne ferai même pas allusion (ben si en fait) à l’apparition à l’écran de Richard Dreyfuss, en ouverture du film, qui est du domaine du cameo quand bien même son nom trône dans la liste des acteurs dès le générique d’ouverture. Je tire sur l’ambulance puisque ce film est évidemment dispensable, tout comme “Horns” où Aja parvient à faire jouer Daniel Radcliffe (Harry Potter) dans une atonie remarquable… ceci dit Radcliffe est là à son niveau habituel. “Mirrors” s’en sort un peu mieux avec Kiefer Sutherland, le Jack Bauer de “24 heures”, dont le manque d’enthousiasme est sauvé par une histoire qui lui donne du sens.

J’aimerais dire qu’Alexandre Aja est un grand réalisateur, parce qu’il est français et c’est toujours bon à prendre. Malheureusement il est dans la moyenne. Heureusement ses films ne font pas (encore) preuve de cynisme. Peut-être que ça viendra avec le temps.