Deep Web. La fin justifie les moyens

Deep Web est un documentaire d’Alex Winter qui traite de l’histoire de Silk Road, un site situé dans le darknet et qui était (est ?) spécialisé dans la vente en ligne de drogues, payables en Bitcoins et livrées à domicile. Ce site était l’oeuvre d’un certain Dread Pirate Roberts et même si sous ce pseudonyme il est probable qu’ils étaient nombreux c’est un certain Ross Ulbricht qui a été arrêté puis condamné à la prison à vie. Le documentaire a ceci d’intéressant qu’il pose les questions sous différents angles. La motivation de Dread Pirate Roberts est de permettre une circulation de la drogue plus sûre et maîtrisée afin que le deal ne se fasse plus dans la rue avec l’impact que l’on connaît sur le nombre d’homicides. Une idée louable mais qui consiste tout de même en la vente de drogues dures qui n’ont rien d’anodines… Bref la première question qu’on se pose est donc de savoir si ce brave homme voulait sauver des vies, ou se faire du pognon… ou les deux. L’autre point important soulevé par ce cas, c’est la façon dont les états considèrent les données numériques et la façon d’y accéder. Dans ce cas précis, les autorités (FBI, NSA…) ont piraté un serveur pour en tirer les infos utiles, sans avoir au préalable demandé à la justice de valider cette fouille.

La notion de confidentialité des échanges privés est pour moi essentielle et c’est pour cela que je soutiens le projet Tor. Il faut permettre aux citoyens qui le souhaitent de communiquer à l’abri des regards. Concernant Silk Road et le fait que ce site vendait de la drogue, je suis plus partagé. Il y a je pense bien d’autres manières de promouvoir la liberté d’expression et ce qui est plus génant : pourquoi gagner de l’argent dans cette opération ? C’était le même problème que Megaupload. Le gars prétendait oeuvrer pour les libertés individuelles et le partage sans copyright, mais n’hésitait pas à s’enrichir personnellement. On est loin d’un Julian Assange qui marque l’histoire par un fait d’arme qui ruine sa vie en le contraignant à l’exil dans une ambassade… Je ne verserai pas de larme pour quelqu’un qui a aidé au trafic de drogue même si la solution proposée d’éloigner les dealers des rues n’est pas totalement dénuée de sens. Je suis toutefois alerté par l’inquiétude des autorités sur ce genre de réseau caché. Toutes les excuses seront bonnes pour chercher à détruire ce type de moyen de communiquer sur un réseau crypté. Les gouvernements n’aiment pas les cachotteries et seront toujours prêts à bafouer les libertés individuelles. Il faut donc rester vigilant et faire en sorte qu’Internet soit un espace libre… ce qu’il n’est déjà plus tout à fait en surface.