Sexisme, harcèlement… triste constat

Depuis la sortie de l’affaire Baupin révélée par Mediapart (et sur laquelle je ne porte pas de jugement, présomption d’innocence oblige), le débat fait surface concernant le harcèlement dans le monde politique comme s’il devait être différent du monde professionnel en général. Au-delà de certains réac connus comme Christine Boutin qui ne comprennent pas que l’on puisse s’offusquer du comportement de certains hommes (voir tweet ci-dessous) il est souvent très facile de condamner formellement alors que l’autocritique n’est pas elle un réflexe naturel… surtout chez les politiques.

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On a donc constaté un haussement de ton plutôt timide de la classe politique et finalement ce sont surtout des femmes qui ont profité de cet éclairage pour révéler avoir elle-mêmes subit du harcèlement, plus ou moins violent. Et pourtant, une partie de l’opinion (dont on sent un certain positionnement politique…) va jusqu’à poser la question autrement en critiquant le silence apparent de personnes “qui étaient au courant”. La politique est un cas particulier, parce qu’un carrière se fait sur l’image autant que sur les compétences et un scandale peut marquer la fin d’une vie publique. C’est de plus sans compter sur le système phallocratique et l’esprit de corps des hommes politiques qui probablement met un terme très rapide aux chances d’investitures ou aux nominations à des postes clés. Bref, sortir du placard en accusant un collègue homme peut très probablement détruire les espoirs d’une femme… le choix de dénoncer ou pas est donc difficile pour l’intéressée et on peut aisément comprendre qu’il le soit encore plus pour les voisins. Qu’est-ce qui nous prouve que le silence n’a pas été gardé à la demande de la victime (présumée, pour le moment) ? Comme souvent en France, on essaye de trouver un responsable là où c’est d’un (présumé) coupable dont on parle.

Le harcèlement et de manière plus générale le sexisme en entreprise est une évidence. On l’aura tous constaté et les blagues un peu lourdingues d’hommes envers les collègues femmes sont dans ce sens et pas dans l’autre. Certains confondent hiérarchie avec domination et les chefs qui jouent au coq en considérant les salariées de leur service comme des “conquêtes potentielles” sont nombreux. C’est un travail de fond et il rejoint tous les débats sur l’égalité des sexes, et finalement c’est quasiment dans les écoles que cela doit commencer à se régler. Nous sommes dans une société d’hommes, les femmes sont considérées souvent en tant qu’hommes comme les autres au titre de l’égalité des sexes alors qu’elles devraient être considérées comme des femmes… sans que cela ne soit de manière sous-entendue une façon de les discriminer. Le temps aidera, finalement la génération au pouvoir n’a sûrement pas encore pleinement compris que le concept de “femme au foyer” était révolu.