Représentativité et démocratie

Ces dernières années auront pour moi été des années de désillusion démocratique. J’en vois déjà regarder le ciel en disant que je suis bien naïf d’y avoir cru jusqu’à il y a quelques années, mais je trouvias le système certes imparfait, mais en tout cas représentatif. Dans mon idée, les députés étaient des élus du peuple qui proposaient et votaient des lois, le gouvernement avait en charge la gestion du pays et la ligne directrice en terme de politiques intérieures (santé, social…), le dernier mot revenant aux parlements (Assemblée Nationale et Sénat). En tous les cas la sanction était possible par les députés qui de part leur mode d’élection étaient représentatifs des envies des différents circonscriptions (et des électeurs donc). Oui les français n’étaient pas sollicités à chaque décidion, mais après tout c’est à ça que servent les députés non ?

Il y a une évidence maintenant : l’Assemblée Nationale ne représente plus personne, en dehors des intérêts personnels ou corporatistes. L’ordre des choses a été changé : le Gouvernement décide d’une loi, la présente à l’Assemblée qui la vote sans trop râler uniquement pour une question de “solidarité”. Et si trop de voix s’élèvent y compris dans la majorité l’exécutif décide d’un 49.3, l’arme de contournement par excellence. Ce n’est même plus une exception, c’est devenu le mode de fonctionnement normal. Pourtant dans cette mécanique, de nombreux points sont un déni pur et simple de la démocratie et de la représentativité de l’Assemblée Nationale (et du Sénat, par extension), qui sont les fondements de notre République.
Tout d’abord, il faut rappeler que le Gouvernement est nommé, et non élu. Ils ne sont pas légitimes au sens où ils peut tout aussi bien exister pour des raisons de stratégie politicienne que pour des raisons d’intérêt et de connivence. D’un autre côté si les députés votent une loi en fonction de consignes de ce même gouvernement et non en fonction de leurs convictions personnelles, ils tournent le dos à leurs électeurs. Ils ont été élus pour leurs idées, leurs projets, et s’ils ne sont pas d’accord avec la ligne du Gouvernement c’est leur devoir d’élu que de voter contre. S’ils ne le font pas, ils ne représentent plus leurs électeurs.

Ajoutez à tout ça du copinage, des affaires, des chaises musicales et des retours d’ascenseur et vous avez un fossé entre la population et le pouvoir. Notre modèle politique s’est grippé, et l’usure de certains mécanismes l’a rendu dangereux pour la démocratie elle-même. Les politiques depuis trente ou quarante ans ont abusé du système et plus que jamais il serait bon de le repenser… Evidemment on voit mal les personnes en place le faire.