Cé 1portan l’ortograf

Difficile d’être passé à côté de cette fausse nouvelle information : la réforme de l’orthographe. Tous les sites et toutes les chaînes d’information ont relayé largement ce qui n’a fait l’objet d’aucune communication officielle, sans d’ailleurs vérifier (comme c’est étonnant) d’où venait tout ce bruit. Il semblerait en fait que ce soit TF1 qui les premiers ont annoncé cette “réforme” qui supprime les accents circonflexes et permet d’écrire nénufar au lieu de nénuphar. Notons tout de même que cette réforme date en fait de 1990 et qu’elle a été validée et promulguée via le Journal Officiel en 2008. Autrement dit, elle est déjà en vigueur depuis bientôt huit ans. Pourquoi ce tapage ? Il semblerait que les éditeurs de manuels scolaires aient décidé de suivre cette réforme à partir de la rentrée prochaine, et que du coup les élèves auront dans les mains (enfin, dans les écoles qui ont les moyens d’acheter des manuels neufs) ces fameux changements où l’accent circonflexe disparaît sauf quand il aide à différentier deux mots (mur, mûr ; sur, sûr…).

Effectivement cette réforme est (était) discutable. D’un côté on peut se dire qu’une langue qui n’évolue pas finit par mourir, même si cet argument me paraît disproportionné pour le français ; d’un autre côté cette simplification ne semble répondre qu’à une difficulté évidente des nouvelles générations à écrire en respectant les particularités de notre langue. Un nivellement par le bas ? Oui, peut-être. Autant on peut comprendre la disparition de l’accent circonflexe dans certains cas (quoi que oralement sa présence était censée être notable), autant je vois mal la nécessité de remplacer certains “ph” par “f”… Je ne suis pas un intégriste de la langue, et je comprends que l’on puisse faire des fautes, mais dans certains cas il semble s’agir de remplacer un mot dont il faut (il suffit de) connaître l’orthographe par une représentation écrite de la prononciation du mot. Une langue écrite n’est pas selon moi un copier/coller de la phonétique des mots ! En allant dans ce sens, on peut aller très (trop) loin.

Heureusement pour nous autres, vieux, les deux orthographes restent valables. Je pense ne jamais pouvoir renoncer à ce que j’ai appris.