Ah, encore une femme nue

Je vais encore passer pour un râleur, mais franchement… Je suis un amateur de photo de nues, naviguant entre érotique et naturel décomplexé. Qu’une photo revendique une approche artistique me va bien, d’ailleurs le nu se prête bien à l’artistique (le corps féminin est quand même un classique dans l’art). Depuis que le numérique et les réseaux sociaux ont envahi notre paysage, les photographes ont fleuri, et c’est pas un mal. Disons que nombre de photographes amateurs qui seraient restés absolument anonymes il y a vingt ans ont maintenant accès à une notoriété plus ou moins grandes… L’internaute étant ce qu’il est, il suffit de montrer des femmes nues pour fédérer, du coup ils sont nombreux à faire du nu, et elles sont nombreuses à être “modèles”. Au passage, vous remarquerez qu’une nana qui fait des selfies pourris avec sa webcam mais qui laisse deviner son décolleté aura plus de “followers” que n’importe quel sauveur de l’humanité potentiel…  Le corps de la femme est devenu d’une banalité assez terrible, la nudité est partout et du coup ça en devient laborieux (j’ai pas dit difficile…. mais laborieux) de séparer le bon grain de l’ivraie.

Les photographes de nus sont donc nombreux. Mais ils sont peu à avoir des idées. Du noir et blanc, une attitude pensive et une pose improbable et hop, vous voilà photographe de nu… Rarement la femme est montrée à son avantage intellectuel dans une photo de nu. On l’aime ingénue, timide, réservée… rarement forte, déterminée. La cruche quoi. Je trouve dans les photos de nues des années 70 que les photographes étaient moins prétentieux, et les modèles plus naturelles finalement beaucoup plus mises en valeur. On ne cherchait pas à intellectualiser le nu, on faisait du nu. Je me demande si les photos de nues actuelles ont réellement besoin de nu pour passer le message, ou si le nu est juste la cerise sur le gâteau… le côté “je fais de la photo sérieuse”.

Quoi qu’il en soit, la photo de nu telle qu’elle est pratiquée de nos jours et telle qu’elle se trouve partout sur Internet (au point que ça en devient d’une banalité affligeante) me laisse souvent indifférent. Le modèle et sa beauté vont bien sûr faire une différence, mais en faisant abstraction de ce paramètre, nada… Alors que la sensualité dégagée par les photos des magazines Playboy des années 70 est d’une évidence frappante. Mais ce n’est que mon avis.