Syfy, lieu d’orgie créatrice

Le problème de l’orgie, c’est qu’on ne sait jamais trop à qui est cette jambe. Chez Syfy, on ne sait jamais quel va être le croisement contre-nature qui va émerger de l’esprit halluciné des créateurs de téléfilms que la chaîne produit et diffuse généreusement.  Certaines franchises ont même un réel succès d’estime et ont réussi à fédérer des fans, c’est le cas des Sharknado par exemple ou de la clique de requins à deux têtes ou octopus à tête de requin. Pour rappel, Sharknado c’est quand même l’histoire d’une tornade qui transporte des hordes de requins affamés… On dit souvent que les films, et en particulier les films d’horreur, sont le reflet des peurs d’une époque… on a connu la peur du nucléaire des années 50 aux années 80, la guerre froide a fait pas mal de petits au cinéma… puis la peur des infections, puis des terroristes, mais je ne vois pas à quoi se raccroche la peur des requins à deux têtes ou des araignées cracheuses de lave… Car oui, Lavantula, c’est ça… un tremblement de terre frappe Los Angeles, et des araignées géantes qui crachent des boules de lave en fusion n’ont plus qu’un seul but dans leur existence : rayer Los Angeles de la surface de la Terre.

La recette est relativement simple :
– une catastrophe qui fait surgir des animaux tueurs, idéalement mutants et géants,
– une ancienne star qui a du mal à payer ses impots, et qui apporte sa caution artistique à l’ensemble,
– une société d’effets spéciaux qui torche le truc en 15 jours grand max histoire que la production soit la moins chère possible.
Ah oui, j’oubliais : il faut un script… alors là pas de soucis, Syfy dispose de textes à trou et en une soirée avec pizza, bière et musique, les créateurs de la chaîne inventent un nouveau concept…

sharknado2

En soi, ce n’est pas méchant. On a tous connu des séries Z qui surfaient sur une idée mainstream pour essayer de vendre de la VHS (enfin, du DVD… du Blu-Ray oui). Et quand il ya suffisamment d’humour ça peut même être des téléfilms rigolos qui se regardent sans réfléchir. Mais souvent la dérision n’est pas au rendez-vous, ou passe complètement à côté, donnant simplement l’impression d’un film sans direction, sans envie de jouer, le tout à l’économie. Je dirais même que souvent, c’est du foutage de gueule, intégral.