Sexy Zombie

Les zombies, il y a 60 ans, ça n’avait rien d’attirant. Mais maintenant le public les a adoptés. Depuis le début des années 2000 et le retour en force des morts-vivants, les auteurs ont moins de mal à oser proposer les zombies comme des êtres dans un état “particulier”, plutôt que des corps dénués de toute forme d’émotion ou de sentiment. Que de chemins parcourus entre “Night of the Living Dead” de Romero en 1968 et “Fido” de Andrew Currie en 2006 dans lequel une mère de famille tombe amoureuse d’un revenant…  S’il s’agit de sentiments ou d’émotions, on en arrive vite à penser désir et sexualité. Alors même si un corps en décomposition n’est pas censé chez le commun des mortels éveiller de désir, la culture cinéma bis et internet (au travers de “meme” ou d’illustrations)  a pris le sujet au sérieux, et on trouve même des essais sur le sujet, comme avec “Zombies and Sexuality: Essays on Desire and the Living Dead (Contributions to Zombie Studies)“.

Zombies and Sexuality

Zombies and Sexuality

D’après l’un des auteurs de ce livre, le Dr Steve Jones, qui est un chercheur spécialisé dans les représentations du sexe et de la violence (il doit avoir de bonnes journées lui) et dont le travail a entre autres porté sur le “torture porn”, sous-genre du cinéma d’horreur dans lequel vous trouvez “Saw” ou “Hostel” par exemple, on peut démontrer qu’avant tout si les zombies ne provoquent a priori aucune attirance, c’est parce que la putréfaction nous renvoie à notre propre “corporalité”, et donc à notre mortalité, d’où une gène bien compréhensible.
Pourtant, d’un autre point de vue, le zombie est le summum de l’accomplissment du désir. Le zombie n’a pas de tabou, il n’est pas freiné par une morale ou des codes de société. Il assouvit ses désirs (de chair) sans satiété, et sans distinction. Si on fait l’analogie entre l’anthropophagie et la sexualité, on réalise que le zombie est le jouisseur ultime (le prédateur bien sûr), qui ne fait pas de différence entre homme et femme.
Il y a malgré tout un frein à ce que le grand public accepte cette représentation sexualisée du zombie. : l’absence de volonté, de consentement, ou même d’empathie. D’après le Dr Steve Jones, cette exploration de la sexualité des zombies restera toutefois une niche très discrète. Les règles qui régissent nos rapports aux morts sont trop profondément ancrées pour qu’il soit accepté une totale liberté d’expression sur ce sujet, ce n’est sûrement pas une mauvaise chose.

 ZombieLove