Street Trash – le glauque qui dégouline

Si vous aimez les films gores des années 80, vous connaissez sûrement Street Trash. Cette réalisation sans prétention d’un technicien du cinéma du nom de James Muro (crédité Jim Muro sur ce film) est par certains côtés un peu à part. James Muro était steadycamer de profession. La steadycam est un mécanisme inventé dans les années 70 qui permet à l’opérateur caméra de porter le matériel de prise de vue et de se déplacer avec sans que le cadre ne souffre de balancements du corps lors de la marche. En gros c’est comme faire du traveling sans avoir besoin de rails… le problème c’est que ce type d’engin pèse une cinquantaine de kilos et s’avère difficile à manier. En tous les cas ces plans très fluides sont utilisés avec talent dans Street Trash, c’est le côté “réussite technique du film”. Mais cette série Z n’est pas que ça… Le contexte ? Des SDF vivant dans une casse auto. Le liquor store du coin se met à vendre de vieilles bouteilles sorties de nulle part contenant un produit qui liquéfie (littéralement) celui qui les consomme… cela donne quelques scènes gores façon “méchant de Robocop dans la cuve d’acide” en puissance dix…

Il fond il fond, le clochard

Il fond il fond, le clochard

En plus de cette approche gore, ce qui est franchement marquant dans ce film, c’est le glauque… tout est sale (mode clodo), tout est vulgaire, tout est violent… un personnage frapadingue, ancien du Vietnam et victime de qu’on appelera plus tard PTSD (Post Traumatic Syndrom Disorder) fait régner la loi en tuant à coup de fémur taillé en pointe ceux qui s’aventurent sur son territoire, il a à son “service” une sorte d’être féminin dévoué (sexuellement) et affreux, et autour de cette brute gravitent un groupe de SDF tous aussi dérangés les uns que les autres. Je vous fais grâce des histoires dans l’histoire (une sorte de romance, un patron de casse auto nécrophile qui a un chien pervers,…), tout est poussé à l’extrême dans la décadence et le dérangeant.

Quart-d'heure love

Quart-d’heure love

Au final, on croit se souvenir de Street Trash comme d’une blague potache avec des SDF qui fondent, mais une grande partie du film montre la face sombre de la société, l’absence de morale et la violence (le vainqueur d’une rixe humiliera sa victime en le couvrant de vomi, ou d’urine), mais au milieu de tout ça un couple qui se forme…

De la peinture colorée, des poils pubiens, du sang et des os, et finalement beaucoup de saleté. Street Trash ne pouvait pas mieux porter son nom.

Oh encore un détail : Bryan Singer (réalisateur de “Usual Suspects” par exemple), était assistant réalisateur sur ce coup.

Petit complément d’information encore, pour vous situer James M. Muro. Pas d’autre réalisation en long métrage à son actif, mais un travail de technicien steadycamer sur (accrochez vous, liste non exhaustive) : “Elmer le remue méninge“, “Maniac Cop“, “Abyss“, “Terminator 2, le jugement dernier“, “JFK“, “Les Doors“, “Heat” “US Marshals“, “Fast and Furious“, “Rush Hour 2“, “Dragon rouge“, “X-men 2“, “X-men, l’affrontement final“, “Rush Hour 3“, “LA Confidential“, “Titanic“…