De l’attitude décomplexée qui mène à la xénophobie affichée

Zone anti raciste

Depuis quelques temps je constate à quel point il est devenu “facile” de s’afficher xénophobe. Même dans mon cercle restreint d’amis Facebook, il ne se passe pas une semaine sans que quelqu’un confonde patriotisme et nationalisme, immigré et français issu de l’immigration, arabe et musulman. Alors bien sûr, rares sont ceux qui vont lancer un pamphlet identitaire et prônant le retour “chez eux” des immigrés (quoi que certains osent… mais il paraît que c’est à ça qu’on les reconnaît), mais c’est en utilisant des images à caractère caricatural que le message va être colporté, ou en diffusant des fausses vérités sur comment la méchante famille d’étrangers vit sur le dos de l’Etat alors qu’en ces temps de crises tous les “bons” Français (ceux qui payent des impôts, ou qui devraient en payer s’ils ne bénéficiaient pas de niches fiscales… pas ces assistés exonérés de la participation citoyenne sous prétexte qu’ils touchent 500€ d’aide de mois – sales pauvres) doivent se serrer la ceinture.

Ce qui est mis en avant, principalement, c’est la prétendue “intolérance” des “étrangers”. Notez que je vais utiliser le terme “étranger” dans un sens très large, puisqu’il est évident que beaucoup des personnes visées par ces griefs sont en fait absolument français, nés en France, et pour beaucoup, nés de parents français. “Essayez donc d’aller afficher votre chrétienté en terres musulmanes, vous verrez comment vous allez être reçus” ! Le fait que la tolérance dans ce cadre (en Iran, en Syrie, en Egypte) soit plus un problème politique que culturel n’est bien sûr pas un argument recevable pour le raciste moderne. La récupération de la religion par les dirigeants de ces pays est pourtant une évidence.

Sans vouloir faire d’analyse de comptoir, ce qui m’inquiète c’est que ce type de (res)sentiments correspond avec une période économique tendue. Comme à chacune des crises économiques “majeures”, le nationalisme et le rejet de l’étranger frappent aux portes de la société. [Attention : Godwin] Ce furent les juifs à une époque, maintenant les arabes sont en première ligne bientôt dépassés par les roms, qui sont clairement en train de prendre de plein fouet la xénophobie ambiante (voyez à Marseille où ils ont été expulsés par les riverains comme des parasites !). Que certains bas-du-front répondent positivement aux sirènes extrémistes, je ne m’en étonne pas. Que certains de mes contacts Facebook (et j’ai la prétention absurde – et absolument arbitraire – de penser qu’ils sont mieux que les autres, puisqu’ils sont de mes connaissances) tombent dans ces discours faciles qui relèvent d’une fainéantise intellectuelle… je suis déçu.