Le voyage dans le temps du Web

Internet n’a pas toujours été 2.0. On n’a pas toujours eu de jolis sites avec des menus déroulants, des pavés qu’on peut glisser-déposer dans une page dynamique, tout n’a pas toujours été de bon goût, sobre et élégant (ceci dit, maintenant encore…). Le Web a aussi été moche, et à une époque on adorait les GIF animés bien pétants. Pour celles et ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître les heures de gloire du HTML et les balbutiements du PHP (ou de l’équivalent ASP), pour celles et ceux pour qui Internet a toujours été dynamique, et jamais “statique”, montez à bord de The Wayback Machine.

Ce site garde en mémoire plus de 150 milliards de pages, et réalise ce travail d’archivage depuis 1996. Les pages sont conservées par un capture du code source (celui-là même que vous pouvez afficher dans les options de votre navigateur), elles sont donc constituées de liens vers des images qui ne sont quant à elles pas sauvegardées… cela nécessiterait des quantités astronomiques de stockage, vous vous l’imaginez bien. C’est donc la forme “globale” du design, et le contenu que vous pourrez consulter, et ce pour une large sélection de dates.

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Il y a en quelques sortes deux manières de voir cet outil formidable. Soit vous souhaitez avoir un oeil sur les évolutions du design Internet, et sur la richesse des pages à leurs débuts (voir la version Beta du moteur de recherche Google en 1998 n’est pas rien), soit vous allez feuilleter ce site comme une pile de vieux journaux, à la recherche de l’évènement historique dans son contexte (la page d’accueil Yahoo! évoquant les attentats du 11 septembre 2001 quelques jours après qu’ils aient eu lieu).

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Google en version Beta (décembre 1998)

On peut constater que sur la longueur, ce ne sont pas les informations qui ont changé, mais bien les possibilités offertes par les sites. Le contenu évolue peu dans le fond, mais la façon d’y accéder, l’ergonomie et l’interactivité sont les maîtres mots de l’Internet du XXIè siècle. La démarche des gros moteurs du secteur (Microsoft, Google,…) va vers le “clouding”, qui consiste en une décentralisation des données. L’ordinateur personnel devient un terminal, et l’espace de travail est maintenant en ligne, interconnecté et disponible de n’importe quel poste (cybercafé, boulot, maison, téléphone portable). Les sites se sont adaptés à ces besoins en transformant les navigateurs en applications aux multiples fonctions (client mail, retouche photo, traitement de texte…). Il y a 10 ans, on faisait un site avec un éditeur de texte de base, et quelques lignes de HTML… maintenant il faut de vraies notions de programmation pour propulser les informations de sorte que le visiteur ait l’impression que toutes les connaissances se trouvent dans son ordinateur personnel, et non plus à des milliers de kilomètres de lui.

Et si un jour Internet cessait de fonctionner ? Comment ferions-nous pour travailler ?