Manu, t’as gagné. Lettre ouverte.

Et ouais, t’as gagné. J’ai écrit ce billet dans l’après-midi, par anticipation, comme une rubrique nécrologique. Enfin, disons que tu n’as pas perdu, contrairement à beaucoup d’autres. Tu n’es pas un mauvais gars dans le fond, et je serais même tenté de penser que tu as du sang neuf et une vision de la politique plus en phase avec notre époque. Tu es plus jeune que moi de quelques mois, ça fait bizarre d’avoir un Président aussi jeune.

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Les économistes et leurs conseils

Demain est un jour important pour la démocratie française, un de ces jours dont on se souviendra peut-être. Pourtant je pense que le résultat n’aura un impact que sur certaines catégorie de la population : les plus faibles. Les plus riches resteront riches, je ne m’inquiète pas pour eux. Par contre il ne fera pas bon être dans la dèche… encore moins que maintenant.

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Fillon, symptôme ou maladie

Fillon n’est pas le premier, et ne sera pas le dernier. Le gars se présente à l’élection présidentielle (moment hautement symbolique dans notre République) et s’étonne que des cadavres sortent du placard. Politique depuis plus de 35 ans il est du même moule que Balkany, Sarkozy et consorts, trempé jusqu’à l’os dans des habitudes que personne n’osait déranger jusqu’à Cahuzac et son compte caché. Et toute la classe politique (de droite) de s’offusquer de cette chasse aux sorcières sans même se réjouir d’abord de la vigilance des médias (et d’autres citoyens) sur la probité des élus.

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Dernière ligne droite présidentielle

Vous allez me dire « mais non, c’est dans longtemps ». c’est vrai que mai 2017 ce n’est pas demain. Mais les politiques de tous poils sont déjà dans les starting-blocks et la rentrée ayant lieu dans quelques jours les nauséabonds vont sortir du bois pour se faire une place médiatique (pour exister quoi…). Le politique en France et ailleurs (Trump aux USA) n’est plus une question de vivre ensemble mais de vivre entre nous. Comme si la disette était inéluctable il faut rationner… mais comme on n’a pas envie de revoir notre niveau de vie, ou de consommation, pour ne pas manquer la solution la plus simple est de tout garder pour soi sans partager. Pour en avoir plus, soyons moins. Il faut donc fermer les portes et les fenêtres et tant pis pour ceux qui n’ont pas d’autres ambition que celle d’avoir une vie décente, qu’ils crèvent.

Je parle de « notre » niveau de vie, je devrais surtout parler de celui des politiques, des financiers, et des « 1% » (bien que ces catégories aient des éléments en commun). Tout ce qu’il reste à faire c’est convaincre les victimes de cette confiscation sociale que s’ils ont peu, c’est à cause ce ceux qui ont moins qu’eux… feu nourri sur les plus pauvres donc. Un certain N.S. a déjà annoncé qu’il envisageait de supprimer l’impôt sur la fortune que paient les plus riches et il faut s’attendre à un coup de rabot dans les aides sociales des moins riches, et dire qu’à une époque on parlait de fracture sociale… pour le coup c’est un écartèlement, il n’y a pas que  l’os à ressouder.

Bien sûr la France a bien d’autres soucis que l’appauvrissement d’une grande partie de sa population : le burkini, les immigrés, les musulmans, les migrants… Mon idée d’une société moderne et égalitaire semblant ne pas trouver d’écho dans les représentants politiques, je vais faire l’autruche pour ne pas m’énerver. Je vais juste guetter l’émergence (peut-être) d’un courant qui remettra l’humain au centre du débat, avec comme outil à son service la finance. Tant qu’on continuera à considérer que le but à atteindre est une somme d’argent et non un mieux-vivre, je ne veux même plus participer au débat. Dont acte.

Attentats et état d’urgence

Depuis l’attentat dit « de Charlie Hebdo », nous vivons en état d’urgence. Bien sûr, dans notre vie de tous les jours l’impact est insignifiant et on pourrait être tentés de dire que cette situation exceptionnelle n’a rien de gênant… sauf que.
La sécurité est une priorité pour l’Etat, et d’ailleurs l’assurer fait partie de ses principales prérogatives. Il faut y mettre les moyens et la radinerie n’est pas de mise. Encore faut-il opter pour des mesures efficaces et non liberticides. La surveillance fait mauvais ménage avec les libertés individuelle et donc il faut agir avec précaution, et bon sens. Est-il légitime (ou moral) de surveiller 10 000 personnes pour en attraper une ? Est-il acceptable de mettre en prison « préventivement » des individus qui n’ont rien fait ? La proposition récente (d’une frange droite) de placer en détention « administrative » tous les fichés S est particulièrement grave parce qu’elle ne fait aucune différence entre anarchistes, syndicalistes, écologistes et terroristes. Comme le rappelle Mediapart dans cet article, les nouvelles dispositions sont de sacrées régressions sur les libertés individuelles, même pour ceux qui sont en prison. Le fait d’être en prison n’étant pas une raison pour se voir priver de son intimité par exemple. Les nouvelles mesures prévoient donc une surveillance vidéo dans les cellules, une assignation à résidence en cas de retour de Syrie, la détention provisoire pour les mineurs, l’élargissement des règles de collecte de données… bref une entaille de plus dans la confidentialité des échanges. Evidemment je ne vais pas m’opposer à la surveillance des terroristes, mais ne soyons pas naïfs : on sait pertinemment que ce type de lois est vite utilisée à des fins politiques (plus ou moins morales). Les journalistes d’investigation, les syndicalistes, les opposants politiques un poil révolutionnaires… tous ces citoyens seront sur écoute au nom de la sécurité nationale. Au passage on notera que cet arsenal n’évitera bien sûr pas les attentats.

La surveillance systématique est un leurre. Elle affaiblit la république, abîme le bon fonctionnement de la démocratie (et des contre-pouvoirs), et n’empêchera pas un illuminé avec un bus, un camion, une voiture et quelques explosifs de faire des morts quelque part en France. Les lieux touristiques et symboliques peuvent bien être protégés, la France est grande.