Le gore : oui ; le torture porn : non

Oui, j’arrive un paquet d’années après la guerre… mais en y pensant, je me suis dit que ça ne mangerait pas de pain de l’écrire.

J’aime le gore. Les viscères, le sang, la cervelle, les démembrements : c’est chouette. Mais il ne suffit pas que ce soit sanglant pour que ça me plaise… et c’est pour ça que j’ai vraiment du mal avec le « torture porn ». Pour situer : pensez Hostel d’Eli Roth ou encore l’un des tous premiers épisodes de The Walking Dead S07 (si vous voyez ce que je veux dire). Là, j’y arrive pas. La douleur n’est pas le registre émotionnel qui me convient.

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Dead Snow 2

J’ai vu le premier volet il y a longtemps et ça m’avait amusé. Je n’arrive pourtant pas à dire s’il s’agit d’un bon film ou d’une blague potache, il faudrait que je regarde encore une fois. En tout cas cette production scandinave savait jouer sur les clichés (l’un des personnages avaiit un t-shirt Braindead, c’est un signe) et offrait une vision du zombie plutôt rafraichissante (et ça n’est seulement en raison de la neige). Voilà la suite, dans tous les sens du terme puisque le film commence là où s’était arrêté le premier, et très honnêtement il serait bête de vous priver ! Dead Snow 2 est une comédie d’horreur dans laquelle les événements sont hilarants et servi avec une bonne dose d’hémoglobine. Je vous refais le pitch rapidement : un groupe d’amis réveille des nazis zombies menés par un officiel nommé Herzog. Ces soldats avaient une mission pendant la seconde guerre mondiale et ils sont bien décidés à la finir. Le titre original est « Red vs Dead » et il en dit un peu plus sur le scénario… des geeks autoproclamés tueurs de zombies (bien qu’ils n’en aient jamais vu) sont venus des Etats-Unis pour donner un coup de main et c’est une armée de soldats de l’armée rouge aussi morts que les autres qui est chargée d’affronter Herzog.

Ces zombies sont différents des autres parce qu’ils sont encore pourvus de capacités intellectuelles, et le film se démarque nettement par son humour noir poussé bien plus loin que dans des productions américaines. Imaginez : on y voit des enfants écrasés par un tank alors qu’ils jouent dans un bac à sable ! Plus rigolo, les intestins d’une victime servent de tuyau pour siphonner le carburant d’un car de touristes !  Sérieusement, ce film est marrant, et gore. Tout est assumé et forcément ça rend le film encore plus sympathique.

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Braindead, plus mortel tu meurs

Braindead est un classique. Je pourrais m’arrêter là, sur cette assertion dont la démonstration est inutile. Pourtant il arrive sur le tard dans la chronologie du film d’horreur, puisque c’est en 1992 alors que les slashers vont prendre la relève que ce film gore (disons même gorissime) arrive sur les écrans, il met un terme à une certaine approche du gore décomplexé et fun où la pantalonnade n’est jamais bien loin. Mais ici, le délire est mené de main de maître, par un réalisateur dont le nom résonne maintenant comme un Spielberg du XXIè siècle : Peter Jackson, à qui l’on doit deux trilogies : Le seigneur des anneaux, et le Hobbit, et un film qui lui tient à coeur : King Kong. C’est d’ailleurs sur Skull Island que débute le film, avec la capture d’un singe « un peu » particulier. Sa morsure entraîne non seulement une mort pas ragoutante, mais en plus une renaissance zombiesque où tripes et sang dégoulinent de partout. A tel point d’ailleurs qu’en Suède la location VHS s’accompagnait d’un sac à vomi… Braindead est sûrement l’un des films les plus réjouissants pour les amateurs de gore, parce que tout en montrant décpatitation, démembrement, écartèlement, mixage, découpage, écrassement, il ne soumet jamais à une empathie de la douleur comme s’amuse à le faire Eli Roth par exemple et ses Hostel (d’ailleurs Eli Roth a déjà placé Braindead parmi ses influences). C’est fun ! On rigole en voyant le héros glisser sur des litres de sang répandus alors qu’il découpe à la tondeuse à gazon un groupe de zombies hagards ! Et le final est à la hauteur du film, à la fois grotesque et obscène, horrible et dérangeant… mais je n’en dis pas plus.
Si vous n’avez jamais vu ce film, vous ne devez pas hésiter une seconde à vous le procurer. Cela s’entend bien sûr si vous êtes amateur du genre, et si votre niveau d’acceptation de l’horreur est dans la tranche haute.

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Ash vs Evil Dead, tant pis pour Hadopi

Avec des séries comme Ash vs Evil Dead, il faut bien admettre que c’est difficile d’être en phase avec la législation française sur le téléchargement… (enfin : contre le téléchargement, pour être précis). Finalement cette série de dix épisodes n’est ni plus ni moins que le Evil Dead 4 que les fans attendaient de Sam Raimi ! On se doutait qu’un long métrage qui remette en selle Bruce Campbell dans le rôle de Ashley Williams et le Necronomicon alias Livre Des Morts n’était qu’un rêve de gamin des années 80, et puis on avait fini par se résigner : Evil Dead était mort, ou pire, quelqu’un d’autre s’aventurerait sur la franchise ! La deuxième option était la pire, mais finalement je ne m’étais pas douté une seconde que Sam Raimi, son frère Ivan et Bruce Campbell remettraient le couvert sous forme de série télé. Après tout c’est plutôt bien vu, quand on voit le succés d’une série horrifique comme The Walking Dead.

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Voilà donc un pilote réalisé par le Sam Raimi lui-même et une série coproduite par Bruce Campbell, Sam Raimi et Ivan Raimi, qui très honnêtement vaut amplement le détour, parce que pour le coup ils ont fait fort : esprit respecté, gore au-deà du raisonnable (et ça passe à la télé ma bonne dame ! Non pas en France… évidemment) et humour toujours présent avec Ash anti-héros absolu, et les 30 ans de plus qu’il affiche au compteur (oh ben nous aussi tiens…) l’ont surtout rendu lourdingue au possible. C’est un tombeur de serveuses pas difficiles qui vit dans une caravane Airstream plus grande qu’une maison en France (aaah, les Stazunis…) et qui use de mensonges gros comme le bras (ou comme la main qu’il n’a plus) pour draguer honteusement. Il est toujours employé dans un magasin de bricolage à la direction lamentable, il est détesté par son patron et ne doit plus son boulot qu’à son ancienneté… Heureusement, surtout pour nous, il a fait une grosse bourde avec le Necronomicon qu’il gardait dans un coffre de sa caravane, et les Deadites ont fini par le repérer… c’est donc une déferlante de démons qui essaient de choper ce pauvre Ash. Il se tenait prêt bien sûr, pour notre plus grand bonheur.
Cette fois il ne sera pas seul puisqu’il recrute deux assistants dès le départ (deux collègues de boulot) et c’est donc une fine équipe qui doit faire un choix entre se planquer pour ne pas se faire choper, ou attaquer pour mettre un terme au retour des démons. Il semble y avoir une histoire dans l’histoire mais la saison n’est pas terminée et je n’en sais pas plus… et puis on va pas tout raconter hein.

Je suis satisfait (comme semblent l’être les critiques et téléspectateurs, il n’y a qu’à voir la note Imdb de la série), cette série répond à mes attentes d’Evil Dead. Je passe même outre des personnages parfois plus dans la caricature qu’autre chose (mais ça créé le style), et puis il faut admettre que Bruce Campbell a encore la pèche.
Je précise bien sûr que le téléchargement c’est mal et que vous devez attendre comme des cons qu’une chaîne française achète les droits de diffusion… enfin, vous faites comme vous voulez.

The Incredible Melting Man

Quand c’est au chocolat, un fondant c’est super. Quand c’est de l’astronaute, ça manque de charme au premier abord. Quand en plus le film vous donne envie de prendre soin de votre peau, ça vaut le coup d’en parler. Plus sérieusement, ce film d’exploitation (grindhouse à fond) a été tourné avec quelques dollars et quatorze jours de travail, et le résultat n’a rien de honteux.

Un astronaute se prend une dose de radiations lors d’une mission dans l’espace, et se réveille à l’hôpital avec les mains et le visage sacrément ravagés. Comme ça le chamboule un peu, il s’échappe et commence une promenade au grand air où (presque) chaque rencontre lui permet de se découvrir une force physique augmentée et un appétit anthropophage qu’il ne se connaissait pas. Seul bémol : il fond. Littéralement. Comme toute l’affaire est « secret défense », c’est son médecin et un général qui se coltinent la chasse à l’homme, le pistant grâces aux victimes démembrées qu’il laisse derrière lui.

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C’est gore mais pas tant que ça (enfin, vous avez vu pire, je suis sûr), mais ce qui est plus inhabituel, c’est qu’on s’attache au personnage principal : l’homme qui fond. Sa situation est tellement horrible, c’est tellement un coup de pas de bol, qu’on lui excuse même de s’attaquer à deux vieux qui de toutes façons sont agaçants (et rigolos, OK…). C’est pas mal filmé du tout et je trouve les personnages convaincants même s’ils répondent parfaitement aux poncifs du genre (c’est pas un mal).  Et puis la fin est bien amenée, on attend presque un petit twist qui ne vient pas mais encore une fois c’est loin d’être honteux. Je suis assez surpris par les critiques trouvées sur le net, qui descendent le film sans vraiment argumenter d’ailleurs, j’ai pris du plaisir avec un film gore old-school (pas de numérique ici, on est en 1977 !), et qui raconte quelque chose. Les errances du malheureux sur fond de coucher de soleil ne sont jamais de trop, et on appréciera la touche d’humour dans les répliques (je l’ai vu en VO sans sous-titres, je ne sais pas à quoi ressemble la VF). On en trouve même une édition Blu-Ray pour une vingtaine d’euros… bon honnêtement ça les vaut pas… mais pour une dizaine d’euros ça le ferait bien !p5175_p_v7_aa