La Fête Nationale pour tous

Il n’y a qu’à voir le 4 juillet dernier la déferlante de contenu sur les réseaux sociaux pour voir à quel point les américains sont fiers de leur fête nationale. Ce n’est pas tant le cas en France, peut-être parce que la « fierté » d’être Français a été récupérée (de manière honteuse) par les nationalistes et qu’afficher un drapeau bleu-blanc-rouge donnera une impression de vouloir une France aux Français.

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Attentats et état d’urgence

Depuis l’attentat dit « de Charlie Hebdo », nous vivons en état d’urgence. Bien sûr, dans notre vie de tous les jours l’impact est insignifiant et on pourrait être tentés de dire que cette situation exceptionnelle n’a rien de gênant… sauf que.
La sécurité est une priorité pour l’Etat, et d’ailleurs l’assurer fait partie de ses principales prérogatives. Il faut y mettre les moyens et la radinerie n’est pas de mise. Encore faut-il opter pour des mesures efficaces et non liberticides. La surveillance fait mauvais ménage avec les libertés individuelle et donc il faut agir avec précaution, et bon sens. Est-il légitime (ou moral) de surveiller 10 000 personnes pour en attraper une ? Est-il acceptable de mettre en prison « préventivement » des individus qui n’ont rien fait ? La proposition récente (d’une frange droite) de placer en détention « administrative » tous les fichés S est particulièrement grave parce qu’elle ne fait aucune différence entre anarchistes, syndicalistes, écologistes et terroristes. Comme le rappelle Mediapart dans cet article, les nouvelles dispositions sont de sacrées régressions sur les libertés individuelles, même pour ceux qui sont en prison. Le fait d’être en prison n’étant pas une raison pour se voir priver de son intimité par exemple. Les nouvelles mesures prévoient donc une surveillance vidéo dans les cellules, une assignation à résidence en cas de retour de Syrie, la détention provisoire pour les mineurs, l’élargissement des règles de collecte de données… bref une entaille de plus dans la confidentialité des échanges. Evidemment je ne vais pas m’opposer à la surveillance des terroristes, mais ne soyons pas naïfs : on sait pertinemment que ce type de lois est vite utilisée à des fins politiques (plus ou moins morales). Les journalistes d’investigation, les syndicalistes, les opposants politiques un poil révolutionnaires… tous ces citoyens seront sur écoute au nom de la sécurité nationale. Au passage on notera que cet arsenal n’évitera bien sûr pas les attentats.

La surveillance systématique est un leurre. Elle affaiblit la république, abîme le bon fonctionnement de la démocratie (et des contre-pouvoirs), et n’empêchera pas un illuminé avec un bus, un camion, une voiture et quelques explosifs de faire des morts quelque part en France. Les lieux touristiques et symboliques peuvent bien être protégés, la France est grande.

49-3 le score est sans appel…

Ce n’est pas moi qui le dit : le 49.3 est un déni de démocratie. Dans le fond, il s’agit d’une option d’urgence qui permet d’éviter un blocage et cela s’est avéré utile lors de cohabitations. Ici c’est un gouvernement qui a théoriquement une majorité à l’Assemblée Nationale qui décide de s’affranchir du débat démocratique et par extension de l’avis du peuple (qui est souverain paraît-il). Comment peut-on agir sans légitimité ? Je ne doute pas que Valls et Macron sont convaincus de prendre les bonnes décisions (selon leur angle de vue) mais comment peuvent-ils agir avant autant de détachement face aux désaccords des français ? Les ministres ne sont pas élus, ils sont nommés. Ils ne sont donc représentatifs que de l’orientation politique voulue par le Président. Le minimum serait de faire preuve d’humilité face à des fonctions confiées et non validées par les urnes. Ce second 49.3 n’est pas une révélation sur la rupture entre le Peuple et l’Etat, mais il enterre un peu plus la 5è République.

Par Marsault
Par Marsault

Dessin (c) Marsault