Laissez-moi choisir mon cancer

Depuis l’envie affichée de bannir les pesticides des clôtures, en interdisant leur dispersion à moins de 10 mètres (c’est ça ?) des habitations, on entend des agriculteurs (donc en particulier un toulousain insupportable) se plaindre des millions d’hectares perdus… ce qui va entraîner la fin de millions d’agriculteurs de France et de Navarre (mais en fait, c’est où la Navarre ?).

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La peur de manger

Loin de moi l’idée d’apporter un quelconque élément au débat scientifique ou idéologique du “manger sain”, mais je me permets quand même quelques remarques. Depuis pas mal de temps maintenant, des questions légitimes se posent sur les dangers de l’alimentation, en particulier de l’alimentation industrielle. Ce n’est pas pour rien que le “bio” a pris une telle ampleur sur le marché, au point d’ailleurs qu’on se demande pourquoi on trouve une telle différence de prix avec le “non bio”… Bref, on a peur de tout, et surtout du cancer. Toutes les agressions extérieures (le stress, par définition) seraient susceptibles de faciliter la survenue de cancers divers et variés, sur des organes dont on ne s’inquiétait pas trop il y a 25 ans (thyroïde par exemple). Tout ce qu’on peut faire ici, c’est utiliser le conditionnel, puisque les études se contredisent souvent, selon leur source et leur financement. On en arrive d’ailleurs à décider de croire telle étude et pas telle autre, de manière souvent arbitraire et non fondée. Ajoutez à cela la désinformation d’Internet et vous obtenez plein de bonnes raisons de ne plus toucher votre assiette sans les doutes les plus affreux.

steak

Moi, je m’en fous. Enfin, disons que ça ne m’empêche pas d’apprécier les bonnes choses, celles que j’aime, tout en étant un minimum attentif à des choses plus en rapport avec la diététique (pas trop sucré, pas trop salé) qu’avec une présomption d’empoisonnement. Bien sûr, il est possible que dans 30 ans un cancer vienne frapper à ma porte au détour d’un examen de santé, et la médecine me dira alors qu’elle ne peut en aucun cas savoir d’où il vient (origines familiales, cadre de vie, alimentation, manque de sport, vote socialiste…). Alors si c’est pour éventuellement ne pas savoir d’où ça vient, je ne vois pas pourquoi je me priverais de boire un grand verre de lait. Je parle du lait, parce que les produits laitiers sont dans le collimateurs de certains consommateurs. Bien entendu, chacun fait ce qu’il veut. Que les lobbies laitiers poussent (au travers d’appuis politiques et d’une communication complice), c’est une évidence. Les pétroliers font pareil. De là à argumenter sur le fait que l’être humain est le seul à boire du lait (d’une autre espèce que la sienne en plus !) une fois adulte, et que donc ce n’est pas “naturel”, je répondrais que l’être humain est aussi le seul animal à manger de l’andouillette sauce moutarde… et alors ?
Entre ça et l’intolérance au gluten (qui devient souvent une “allergie” dans la bouche des gens), je m’inquiète plus de l’air que je respire que de ce que je mange… pourquoi ? Parce que je ne mange pas toujours la même chose, mais que je respire le même air tous les jours. C’est connu, les toxines s’accumulent, et de petites quantités inoffensives, on arrive à des cumuls dangereux… mais je ne peux pas arrêter de respirer, et je n’ai pas envie d’aller habiter là où l’air est meilleur, je fais avec. L’espérance de vie augmente, et les seuls toussotements qu’on peut voir dans l’évolution de cette donnée sont plus liés à des conditions sociales qui ne permettent pas à un accès aux soins satisfaisants, et les maladies pulmonaires qu’on croyait disparues reviennent (tuberculose…). La misère tue… plus vite sûrement qu’une éventuelle “longue maladie” qu’on contractera dans 20 ans.

Je ne fais pas ici un high-five à la malbouffe, bien au contraire ! C’est essentiel de bien manger, et c’est plus facile quand on en a les moyens. Vous voulez donner une meilleure alimentation ? Donnez des revenus… J’ai lu récemment (référence à retrouver) que les cancers n’étaient au final pas différents maintenant de ce qu’ils étaient il y a quelques décennies. Le fait est qu’on les identifie mieux, et plus tôt. L’environnement a un impact, la nourriture aussi, le stress professionnel probablement également… mais au final c’est surtout une sorte de prédisposition encore mal expliquée qui tue le plus. Je refuse d’avoir peur de mon assiette, tant que je peux choisir ce que je mets dedans. On ne me fera pas renoncer aux petits plaisirs des trucs “potentiellement dangereux dans 30 ans si t’en manges tous les jours à tous les repas” sous pretexte que ça peut me faire gagner 3 semaines de durée de vie. Chacun voit midi à sa porte, perso je reste pas à la porte… je passe à table.