Grammar Nazi

Le « grammar nazi » dans le langage internétique est le gars qui sans cesse reprend les autres intervenants en soulignant leur(s) faute(s) de grammaire, voire d’orthographe. Souvent vilipendé par l’internaute fautif, et d’autres, il est pointé du doigt comme un empêcheur de tourner en rond, un fanatique de la bonne orthographe et peut-être même un pisse-froid triste et aigri.

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Fillon, symptôme ou maladie

Fillon n’est pas le premier, et ne sera pas le dernier. Le gars se présente à l’élection présidentielle (moment hautement symbolique dans notre République) et s’étonne que des cadavres sortent du placard. Politique depuis plus de 35 ans il est du même moule que Balkany, Sarkozy et consorts, trempé jusqu’à l’os dans des habitudes que personne n’osait déranger jusqu’à Cahuzac et son compte caché. Et toute la classe politique (de droite) de s’offusquer de cette chasse aux sorcières sans même se réjouir d’abord de la vigilance des médias (et d’autres citoyens) sur la probité des élus.

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Négationnisme et réécriture historique

Ces derniers jour on balance pas mal sur Loràn Deutsch, du fait de son approche personnelle de l’Histoire et sa propension à militer en faveur du retour de la monarchie. Ajoutez à cela des soupçons de troll vigoureux et insultant à partir d’un compte Twitter bidon et vous avez la recette d’une croisade des internautes redresseurs de torts. J’ai du mal à me positionner sur le cas Deutsch parce qu’il semble lui-même s’être pas mal contredit (c’est un euphémisme) au fil des interview. Du coup, du haut de ma confusion sur ce personnage confus, je me tais.

Cependant, il y a différents degrés dans la révision historique. D’un côté les erreurs plus ou moins grossières sur les dates ou les circonstances de faits se déroulant il y a plusieurs centaines d’années, faits qui sont eux-mêmes vus au travers de prismes historiques ou culturels, et d’un autre côté la négation des crimes commis pendant la Seconde Guerre Mondiale. Rappelons-le, il y a encore des gens pour témoigner, et nous avons des documents à foison pour connaître assez précisément les faits.

Vice a creusé un peu le cas d’un négationniste Youtubeur franchement pas piqué des hannetons. Le gaillard a été plusieurs fois condamné et il est maintenant exilé en Angleterre où nier l’existence de la « solution finale » n’est pas condamné. Et dans son cas c’est difficile de parler de bêtise, puisque ce mec a été prof de maths et de physique-chimie… et pour être prof il faut quand même en avoir dans le citron. Bref, à part un dérapage mental (peu probable puisqu’il dit avoir « embrassé » les thèses nazis dès l’adolescence), j’ai du mal à comprendre comment on peut dépenser autant d’énergie à ça… je vous laisse juge…

Et nos SDF ?

Je n’arrive pas à faire abstraction de ce type d’actualité. J’ai essayé d’échapper aux commentaires xénophobes au quotidien sur les réseaux sociaux, pensant avoir fait un tri assez drastique dans ce que j’autorisais sur mon « fil d’actualité » mais je suis bien obligé de me rendre à l’évidence : impossible de ne pas lire de commentaires haineux. En plus, avec l’évacuation de la « jungle » de Calais et l’accueil de poignées de migrants (réfugiés) dans des petites communes de France, les racistes de tout poil sont scandalisés et le font savoir. Comment peut-on trouver des solutions de logement (temporaire) à ces étrangers alors que l’on a des SDF « bien français » dans nos rues ?

D’abord, je tiens à souligner là la nouveauté : les fachos s’intéressent au sort des SDF. C’est d’autant plus étonnant que de nombreuses mairies tombées sous le contrôle frontiste tirent à boulet rouge sur les associations à but humanitaire ou tout du moins social. Suppression des aides, suppression des locaux, elles sont nombreuses à avoir été empêchées de fonctionner depuis les dernières municipales. Ces mêmes mairies sont maintenant prêtes visiblement à prendre en charge le problème des Sans Domicile Fixe, tant mieux ! Félicitons nous de ce revirement humaniste. J’attends de voir les actes maintenant.

Plus prosaïquement, j’ai envie de vomir quand je vois les commentaires (que je ne dois pas lire, je sais) sur Facebook par exemple. A Croisilles, petite commune près d’Arras dans le Pas-de-Calais, ce sont quelques réfugiés venant de Calais qui sont accueillis. Soudain, le fond de la pensée d’une partie de la population de cette petite bourgade se révèle, et il n’est pas beau à voir… il est marron. Certains surfent sur les intox concernant le fait que les migrants se voient fournir logement, moyen de paiement (une Mastercard bien sûr, ce sont des globetrotters), iPhone… d’autres fantasment sur le fait que ces hommes ne pourront s’empêcher de violer femmes et enfants, se laissant aller à leurs plus vils instincts (et je me dis qu’à Croisilles il doit déjà y avoir un paquet de pervers pour en arriver à penser ça), et enfin d’autres s’étonnent de voir ces hommes fuir leur pays en guerre plutôt que de le défendre. Chaque citoyen est bien sûr en capacité de lutter contre une armée, quand bien même celle-ci est aidée par la Russie… et il ne s’agit là que de la Syrie puisque parlant du Soudan on est en plein dans l’horreur avec des morts par centaines de milliers. Fuir la guerre est non seulement naturel, c’est prévu par les conventions internationales. L’accueil de ces réfugiés étant une obligation (sinon légale, au moins morale).

Je sais bien que tout ça est une xénophobie de crise économique, et quelques partis politiques soufflent sur ces braises pour créer une rupture espérant récolter le fruit du désordre dans les urnes. A défaut d’avoir des idées constructives, les politiques actuels jouent sur la destruction. Non, la France n’est pas en faillite au point de ne pouvoir accueillir des êtres humains dans la détresse. Non, ces réfugiés ne viennent pas « profiter » de la France. Rejeter sur eux les difficultés politiques et sociales de la France est une ineptie, mais le discours du « tout va mal » est tellement confortable pour nos politiques… il leur permet de faire passer des lois liberticides et asociales. Ne vous y trompez pas, le peuple ne peut pas sortir gagnant d’une xénophobie ambiante et institutionnalisée.