Ingrid Betancourt enfin libre… et nous ?

3 750 000 pages, c’est ce que vous trouverez si vous tapez « Ingrid Betancourt » dans Google. Autant dire qu’elle n’est pas une inconnue, et qu’il est normal que sa libération après 5 ans de captivité fasse parler. Mais à ce point ?!

Depuis qu’elle a été sauvée des mains des FARC on a l’impression que rien d’autre ne compte dans l’actualité que son retour en France, comme si elle était attendue depuis tout ce temps par 64 473 140 Français (ben tiens, nous voilà 64 473 141 alors maintenant). Oui bien sûr, on est content qu’elle aille bien, je ne lui souhaitais rien de mal à cette femme à l’engagement féroce, mais honnêtement une fois passées les cinq minutes de réjouissance discrète après l’annonce sur France Info de sa liberté retrouvée, sa vie de tous les jours m’en touche une sans bouger l’autre.

Peut-être que les français avaient besoin d’un symbole fort, d’un signe du Ciel pour leur redonner le moral, qui va si mal. Peut-être vont-ils maintenant partir en vacances le coeur léger et consommer, pour aider un peu notre croissance qui aurait bien besoin d’être libérée elle aussi !

J’ai entendu il y a quelques jours quelqu’un proposer qu’on lui décerne le Prix Nobel de la Paix… Rappelons les derniers en date :
2007 – Al Gore, pour son action sur l’information sur les changements climatiques.
2006 – Muhammad Yunus pour l’invention du micro-crédit qui permet aux gens sans ressources d’avoir de l’aide, dans les pays les plus pauvres.
2005 – Agence Internationale de l’Energie Atomique, pour leur effort contre la prolifération des armes atomiques.
On peut citer aussi Nelson Mandela, en 1993, puisqu’il a lui aussi été prisonnier, mais le calvaire d’Ingrid Betancourt est-il comparable au symbole fort qu’incarnait Nelson Mandela ?
J’ai l’impression qu’on s’emballe un peu…

Je suis content pour elle et pour ses proches qu’elle ait été libérée, mais s’il vous plait, nos amis les médias, lâchez nous un peu, et passons à autre chose. Elle avait un engagement politique et social, elle a été prise en otage et devait servir la cause des FARC en étant une monnaie d’échange avec des « prisonniers politiques » en Colombie, à ce que j’ai compris. Elle n’a pas eu de chance, comme de nombreux autres otages d’ailleurs encore prisonniers. Son action ne rendra pas le Monde meilleur. Elle fera comme tous les autres dans de telles situations, elle écrira un livre qui sera un best-seller, puis on fera un film sur sa vie, et on cessera de parler d’elle.

N’oublions pas cet adage : « Life is a bitch, and then you die ».

 

La pub sur la télé publique

On en parle beaucoup en ce moment, alors moi aussi je vais en parler. Loin de toute prise de position politique, je suis étonné par cette décision qui consiste en une suppression totale de la publicité sur les chaîne de l’audiovisuel public français.

La pub, on en mange à tous les repas, c’est une réalité, on y est perméable même si on se défend de l’être. Les pros de la communication savent nous parler, et ça fait des décennies que ça dure. Quand les chaînes de télé ont eu le droit de couper les films par un épisode publicitaire, il a été décidé que les chaînes publiques ne tomberaient pas dans ce travers. Maintenant qu’on a l’habitude, grâce au cable, de regarder des films sans subir de page de pub, ça fait bizarre d’en manger deux comme par exemple sur RTL9… Donc en soi, ne pas avoir de réclames en soirée est une bonne chose.

Qu’est ce qu’on nous promet ici ? Une télé publique sans pub. Comment on va palier au manque à gagner ? En taxant d’autres médias (téléphone portable, FAI…). Pour dire les choses autrement : on va se passer de l’argent de sociétés privées qui n’en manquent pas pour à la place aller chercher de l’argent dans le porte-monnaie des Français qui en manquent, eux, cruellement :'( Tout ça pour quel bénéfice ? De la télé sans publicité, alors qu’il suffit de mettre le nez dans la rue pour prendre une dose quotidienne de pub.

Le but avoué est d’éviter à la télé publique de tomber dans une médiocrité dans laquelle certaines chaînes gratuites privées pataugent allégrement depuis des années (TF1, M6…), seulement pour produire ou acheter des programmes de qualité, il faut des sous, et ça me paraît beaucoup plus ingénieux de les prendre dans la poche des groupes qui se permettent de la pub (et par la même occasion de permettre à un secteur d’activité – la communication – de bien se porter) que de chercher un euro par ci, et un autre par là, sans d’ailleurs avoir la certitude de trouver tous les euros… et donc à terme, peut-être (et est-ce là le but inavoué ?) de devoir se séparer d’une partie des chaînes publiques.

Quoi qu’il en soit, je trouve déjà le principe de redevance comme étant d’un autre âge, et j’aurais tendance à souhaiter que l’argent soit trouvé intégralement au travers de partenariat commerciaux avec des groupes qui ont des moyens. Le sponsoring, la publicité, ça ne me gène pas. Je ne suis pas un acheteur compulsif et ce n’est pas parce qu’on me montre comment dépenser mon argent que je vais suivre l’exemple. La pub ne me fait pas peur, et ça peut même être un vivier de créativité, si tant est qu’on lui donne les moyens, mais ce n’est pas débat. On fait partie d’une génération pub, et ce n’est pas l’émission culte « Culture Pub » qui aura dit le contraire en son temps. Déminer la pub pour en détecter les travers est à mon avis bien plus intéressant que de chercher à la supprimer, de toutes façons elle ne fera que changer de forme et finira soit dans votre messagerie GSM, soit dans votre boite mail (non, il n’y a plus de place là… c’est complet), soit dans votre boite aux lettres (complet aussi)…

Je maintiens que ce n’est pas une bonne idée. D’ailleurs il semblerait que changer le mode de financement de la télé publique soit contraire aux lois européennes… On doit donc s’attendre à des sanctions, à moyen ou long terme. L’avenir nous le dira, puisque visiblement la machine est en route : en janvier 2009, il n’y aura plus de publicité après 20h sur l’audiovisuel public français !

 

Les vieux dans les hypermarchés

Qu’on n’aille pas dire que je n’aime pas les vieux. Ce serait bête de ma part, j’en serai un fatalement un jour. J’ai quand même remarqué que le mode de vie du Vieux est quelquefois surprenant.

Toute sa vie, le Vieux s’est levé tôt pour aller travailler, parfois même super tôt et pour des longues semaines de dur labeur. Maintenant qu’il est en retraite, il continue à se lever tôt le samedi. Sa seule motivation : aller faire ses courses ! Ceci dit, je prends l’exemple du samedi, c’est valable tous les jours de la semaine… 

L’explication scientifique serait la suivante : le Vieux a besoin de moins de sommeil maintenant qu’il a pourtant le temps de dormir, c’est physiologique. Il dort moins, mais se couche quand même tôt, donc il se lève tôt. Il aime aller dans un hypermarché le matin à l’ouverture parce que le pain est frais, les légumes et les fruits viennent d’arriver et sont beaux dans les rayons… le magasin est calme et il aura le temps de poser ses articles avec beaucoup de délicatesse sur le tapis roulant sans qu’un salaud de jeune ne le pousse au cul pour qu’il se grouille un peu.

Cette explication se tient, mais ne serait-ce pas aussi pour emmerder le monde ? Parce qu’il n’a pas toujours été vieux, le Vieux. Avant il l’était moins, et il a bien entendu remarqué le petit manège des Vieux d’avant, il l’a subit aussi. En toute logique et parce que rien dans ce bas monde ne peut rester impuni, il a repris le flambeau pour se venger… J’aime assez cette explication là.

On peut bien penser ce qu’on veut (il nous reste ça, au moins), mais respectons nos vieux. D’autant plus qu’ils sont de plus en plus nombreux et qu’un jour le lobby des Vieux sera peut-être le plus puissant (avec celui des labos pharmaceutiques, mais les deux vont de concert).

 

Les soldes… non ça va aller, merci.

Deux fois par an, c’est le grand rush. On parle même de multiplier les périodes de soldes dans l’année pour donner une impression de pouvoir d’achat aux Français.

Rappelons quand même que le principe des soldes, c’est de déstocker les anciennes gammes ou les produits invendables parce que déblistérés ou réparés. Le moyen légal mis à disposition du commerçant pour le faire est la suppression de la notion de seuil de revente à perte en dessous duquel il est interdit de vendre un produit en temps normal. Pour faire simple, un commerçant n’a pas le droit de vendre un produit moins cher qu’il ne l’a acheté, en dehors de ces deux douze semaines par an. Ceci étant la solution pour éviter une concurrence déloyale entre les « Grands » qui pourraient perdre de l’argent sur un produit donné pour faire un effet d’appel, et les « Petits » qui n’ont pas les reins assez solides pour se permettre de perdre de l’argent en vendant un bien.

Depuis quelques mois (années), on tape sur les distributeurs pour qu’ils baissent les prix. Des lois sont passées pour aller dans ce sens, imposant une baisse sur les produits les plus achetés par les français. Les prix ont donc baissé un temps, puis on a parlé de hausse du prix des matières premières et tout le bénéfice de cette baisse imposée en son temps a disparu. On tire sur la corde, demandant de plus en plus d’efforts aux distributeurs, dans un contexte de concurrence déjà présent, réduisant les marges de manière notables.

 

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Merci Yannick Dahan !

Je tenais à rendre hommage à mon humble (très humble) niveau à ce monsieur, grand amateur devant l’éternel des films de genre. Au travers d’une émission comme « Opération Frisson » qui était diffusée sur Ciné Frisson (chaîne du cable et du satellite), il a su me donner des clés pour voir les films sous un angle nouveau, avec une approche critique non pas uniquement du fond (ce qui en soi n’est pas le plus difficile) mais aussi de la forme, en insistant sur le fait que les deux sont (en tout cas « doivent être ») intimement liés dans un processus créatif et narratif.

Prenant le relais dans mon éducation cinématographique du grand Jean-Pierre Dionnet qui en son temps sur Canal+ a su transmettre sa passion du cinéma bis, Yannick Dahan avec un ton libre et direct m’a ouvert les yeux…

Monsieur Dahan étant très occupé sur un travail de réalisation, l’émission qu’il présentait a été remplacée par « Frisson Break » qui sur un ton très proche décortique les sorties ciné et DVD… toujours sur Ciné Frisson, toujours le vendredi à 20h35. Dans ce nouveau format, on trouve quand même « l’instant Dahan », qui reste mon moment préféré de la semaine.

Merci à cette équipe de passionnés, je ne compte plus le nombre de DVD achetés ou le nombre de films vus au cinéma sous leur impulsion, et les bons moments passés devant des monuments du cinéma de genre 🙂

J’adore ce cinéma, je prends un plaisir immense à en découvrir un peu plus chaque semaine, et je dis : merci les gars !

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