Du modèle et de la photo

Difficile de dissocier le photo du sujet. D’un côté une appréciation technique et artistique, de l’autre côté l’intérêt de ce que l’on photographie. Par exemple, à technique égale on peut avoir une très belle photo d’une poubelle et une autre très belle photo d’un top-modèle. L’appréciation ne sera pas la même au premier abord et il en résulte dans notre monde de “zapping” frénétique qu’une photo présentant un beau modèle sera plus regardée et notée qu’une photo avec un sujet moins attirant, aussi réussie soit-elle. Evidemment c’est subjectif, et suivant l’internaute la photo d’un bel homme aura plus d’impact que la photo d’une belle femme… pourtant l’égalité n’est pas de mise puisque c’est la photo “féminine” qui envahit les différents sites dédiés à la photographie (500px, Flickr, Instagram…). Vous allez forcément me sortir des exceptions, mais je parle là d’une impression générale.

Ce que je veux dire en évoquant tout ça, c’est que de mon point de vue, il vaut mieux choisir un beau modèle féminin (et le dénuder, accessoirement) qu’une bonne idée de photo, ou encore qu’un modèle masculin. Dans ce dernier cas d’ailleurs, je suis toujours incroyablement surpris de leur quasi invisibilité sur les sites photos… où sont les hommes ? A se demander s’ils ne sont pas réduits à poser pour des caleçons ou des boxers dans les catalogues et autres boutiques en ligne…. Qu’on ne me dise pas que “le corps de l’homme est moins joli”, franchement il y a des beaux mecs. Les sites photos l’ont bien compris, ils ont une large tolérance sur la nudité féminine (tant qu’elle est “artistique”) et sont vent-debout quand il s’agit de nudité masculine. On tolère l’un parce qu’il génère plus de trafic, on rejette l’autre parce que la nudité masculine fait vite penser à de la pornographie alors que la nudité féminine tout au plus à de “l’érotisme” (ben voilà la discrimination sur l’appareil génital externe tiens). Est-ce un formatage de l’offre sur la demande ou la demande subit-elle une offre phallocratique ?

J’imaginais qu’avec cette nudité visible à chaque coin d’Internet (si tant est que vous ne soyez pas en Iran) le corps ne serait plus un tabou. Les êtres humains sont tous faits pareils et il n’y a guère de surprise quand on voit un corps nu, féminin ou masculin. Si l’on met de côté l’obscénité (et donc la pornographie), je trouve dommage qu’Internet et sa communauté de photographes aient autant un regard masculin…

 

Les boobs contre le terrorisme

Il semblerait que la radicalisation religieuse vienne en partie d’une frustration sexuelle. Je suis sûr que c’est vrai, la frustration sexuelle mène à tout et n’importe quoi. Je n’ai pas prétention à régler ce problème et je suis sûr qu’aucun de mes amis ne se radicalisera (ça n’arrive qu’aux autres) même si je ne peux/veux pas savoir votre niveau de frustration sexuelle respectif. Nonobstant ce point, et en gardant à l’esprit le respect indéfectible que je porte à la gente féminine, Fier Panda (que vous connaissez tous) propose depuis un bon moment un service de diffusion de GIF destinés à un public adulte et averti appelé “Boobs Roulette”. Cette expérience ne pouvant pas s’expliquer avec des mots, vous pouvez faire partie du millions et demi d’internautes ayant vu cette page. Rappelez-vous : respect.

Deep Web. La fin justifie les moyens

Deep Web est un documentaire d’Alex Winter qui traite de l’histoire de Silk Road, un site situé dans le darknet et qui était (est ?) spécialisé dans la vente en ligne de drogues, payables en Bitcoins et livrées à domicile. Ce site était l’oeuvre d’un certain Dread Pirate Roberts et même si sous ce pseudonyme il est probable qu’ils étaient nombreux c’est un certain Ross Ulbricht qui a été arrêté puis condamné à la prison à vie. Le documentaire a ceci d’intéressant qu’il pose les questions sous différents angles. La motivation de Dread Pirate Roberts est de permettre une circulation de la drogue plus sûre et maîtrisée afin que le deal ne se fasse plus dans la rue avec l’impact que l’on connaît sur le nombre d’homicides. Une idée louable mais qui consiste tout de même en la vente de drogues dures qui n’ont rien d’anodines… Bref la première question qu’on se pose est donc de savoir si ce brave homme voulait sauver des vies, ou se faire du pognon… ou les deux. L’autre point important soulevé par ce cas, c’est la façon dont les états considèrent les données numériques et la façon d’y accéder. Dans ce cas précis, les autorités (FBI, NSA…) ont piraté un serveur pour en tirer les infos utiles, sans avoir au préalable demandé à la justice de valider cette fouille.

La notion de confidentialité des échanges privés est pour moi essentielle et c’est pour cela que je soutiens le projet Tor. Il faut permettre aux citoyens qui le souhaitent de communiquer à l’abri des regards. Concernant Silk Road et le fait que ce site vendait de la drogue, je suis plus partagé. Il y a je pense bien d’autres manières de promouvoir la liberté d’expression et ce qui est plus génant : pourquoi gagner de l’argent dans cette opération ? C’était le même problème que Megaupload. Le gars prétendait oeuvrer pour les libertés individuelles et le partage sans copyright, mais n’hésitait pas à s’enrichir personnellement. On est loin d’un Julian Assange qui marque l’histoire par un fait d’arme qui ruine sa vie en le contraignant à l’exil dans une ambassade… Je ne verserai pas de larme pour quelqu’un qui a aidé au trafic de drogue même si la solution proposée d’éloigner les dealers des rues n’est pas totalement dénuée de sens. Je suis toutefois alerté par l’inquiétude des autorités sur ce genre de réseau caché. Toutes les excuses seront bonnes pour chercher à détruire ce type de moyen de communiquer sur un réseau crypté. Les gouvernements n’aiment pas les cachotteries et seront toujours prêts à bafouer les libertés individuelles. Il faut donc rester vigilant et faire en sorte qu’Internet soit un espace libre… ce qu’il n’est déjà plus tout à fait en surface.

La manie du noir et blanc

Apparemment une photo en noir et blanc est immédiatement plus classe que la même photo en couleur. Certains internautes prennent plaisir à transformer en noir et blanc toutes les photos qu’ils trouvent ce qui repréente du travail et je perçois assez mal l’intérêt de ce temps passé. Un exemple concret :

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La photo existe en couleur. Le photographe a joué sur la bonne association de la couleur des cheveux du modèle et sur sa tenue, je trouve la photo originale incroyable sexy et les contrastes sont vraiment élégants. Le flou du mirroir altère un peu ce contraste et ça aussi c’est du beau travail.
A droite cette même photo éditée et postée de nouveau sur Internet, sans les couleurs : elle est fade, impersonnelle et manque cruellement de relief. Quel est l’intérêt ?
Arrêtez s’il vous plait de dénaturer le travail du photographe. S’il a voulu la photo en couleur, c’est réfléchi. La mettre en noir et blanc ne lui donne pas plus de caractère “artistique”.

Suicide Girl, la pin-up moderne

Que ceux qui pensent que la marque SuicideGirl se rapporte à de la pornographie se détrompent, il s’agit de charme ou d’érotisme voire même de féminisme. Fondé en 2001 par une photographe, l’entreprise est plus que prospère maintenant et sa vision alternative de la nudité est intéressante. La notion de “Suicide Girl” fait référence au suicide social assumé (et présumé) que peut représenter la mise à nue ou le fait d’arborer de nombreux tatouages. Les Suicide Girls ont comme volonté de reprendre possession de l’image de leur corps et c’est en cela que la démarche est féministe. Ce n’est pas le dictat de l’industrie porno (essentiellement masculine) qui décide de leur image et même s’il est évident que la volonté d’érotisme n’est pas absente de la démarche il n’est pas question pour elles de vendre leur corps. Cela fait du site suicidegirls.com une exception dans le monde du site web pour adulte, puisque plus d’un tiers des abonnés sont des femmes.
Elles sont plus de 2000 dans le monde, toutes amateurs, et certaines accèdent au statut de “Suicide Girl” alors que les autres sont dites “hopeful” et leur titularisation tient au vote des membres. Il s’agit aussi d’une communauté qui organise des événements.

Il ne faut pas non plus idéaliser à outrance, et d’ailleurs certains tatoueurs critiquent le fait qu’il y a là une banalisation des tatouages (souvent très visibles et impressionnants) alors qu’il ne faut au contraire pas laisser croire que cette modification corporelle est un élément de mode. Soulignons donc surtout cette renaissance de la pin-up, modernisée, alternative mais libre.