L’agape non religieuse

La notion d’agape (ou agapé, ou agapè), l’amour inconditionnel, est intimement liée dans sa définition à la religion et au catholicisme en particulier. Il s’agit d’un amour désintéressé qui s’approche de la notion de charité et c’est pour cela que le clergé en a fait une valeur fondatrice (ça ne veut pas dire qu’elle est appliquée hein, on est bien d’accord).

Pour faire simple, certains philosophes considèrent quatre type d’amour :
« Philia » qui est l’amour amical, bienveillant
« Storgê » : l’amour familial
« Eros » : l’amour naturel, le plaisir corporel
« Agapé » : l’amour divin, désintéressé, universel, inconditionnel

Ce dernier m’intéresse. On peut ressentir de l’amour pour quelqu’un, et cet amour peut être lié au corps, on connaît tous ça et c’est l’éros. Mais quand il dépasse le stade corporel, qu’il est complet et qu’il n’attend pas un retour d’aucune sorte, il devient inconditionnel… mais pour autant il n’est pas divin (on va quand même pas dire qu’il structure l’Univers). Donc je me heurte à une barrière de définition qui lie trop systématiquement ce terme (« agape ») au divin alors que j’aimerais pouvoir le considérer dans une acceptation « terrestre ». D’ailleurs, ce qu’en a fait l’Eglise est a posteriori puisque les philosophe grecs (Platon…) n’ont pas attendu le christianisme pour définir tout ça.

Si je dis que je ressens pour quelqu’un un amour si complet qu’il existerait quoi qu’il arrive, qu’il dépasse le contexte ou un quelconque référentiel, qu’il est intrinsèque, je dois pouvoir dire que cet amour est du domaine de l’agape sans avoir à justifier du fait qu’il n’a aucun rapport avec une quelconque représentation divine.

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